1985

Reagan prête serment. La Belgique vit le drame du Heysel. On a retrouvé le Titanic, photos à l'appui. Philippe de Dieuleveult disparaît au Zaïre. Tous devant le petit écran : le Live Aid nous livre Don't you des Simple Minds. Les tueurs du Brabant frappent à Alost alors que Martens se succède à lui-même.
Mourousi se marie, tandis que les plus grands s'en vont : Signoret, Orson Welles, Yul Brynner. Pour la première fois, Morten et sa gueule d'ange présente au grand public le premier succès de A-ha : Take on me.

C'est l'année du Live Aid. Les plus grandes stars mondiales du rock se mobilisent et chantent pour la bonne cause en direct de Londres, New York ou Los Angeles.
Freddie Mercury et Queen explosent et écrasent de leur classe l'évènement, malgré la présence des plus grands : David Bowie, U2, Simple Minds, Sting, Phil Collins, Duran Duran, Spanda Ballet, les Who, Wham ! …
Les années '80 consacrent également les valeurs du rêve, des paillettes, de la frime, de l'ambition et des marques. Les ados s'habillent griffés (… c'est la génération Docksides - Millet - Bunlington… Vincent Letesson s'appelle dorénavant Mister Must.
Sous son nom de scène, il campe un personnage mode leader de cette nouvelle jeunesse. Fabien Van Ingelgom lui apporte une aide commerciale efficace.
Surfant sur la bonne vague, Mister Must décolle.
Son émission déchire, avec son spot "Mister Must marche sur les ondes", chanté par les Frères Alec et Benoît Mancion.
La Mister Must Mania prend des proportions hallucinantes : Le journal La Meuse le dépeint comme "… … …"
En octobre, tous les mardis, le journal lui consacre des articles élogieux, avec le témoignage de jeunes lycéennes et collégiens des écoles BCBG de la ville.
Sa popularité n'est pas surfaite dans les beaux quartiers.
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Les repaires de son équipe?
L'Amnésia, rue Tête de Bœuf, figure en tête du hit-parade des cafés "bien fréquentés" par cette génération insouciante et désinvolte. Une émission y sera produite en direct, avec sa co-animatrice Laurence Dols; qui apporte à l'émission la fraîcheur d'un duo beaucoup plus tonique.
Au cœur du carré, l'Aquarelle et le Premier font le plein, et, tous les vendredis, des centaines de jeunes se retrouvent devant ces deux lieux cultes de la sortie liégeoise.
En fin de nuit, beaucoup se retrouvent à "l'American Express" pour un bœuf tartare ou un poulet cocktail…
Jean-Marc Wuyts, le patron, se rappelle : "Mister Must était toujours entouré d'une dizaine de jolies jeunes filles. Lorsqu'il s'arrêtait avec son groupe devant la sandwicherie, je disais à mon père : aujourd'hui, il va y avoir du monde, Mister Must est de sortie"…".
E octobre, Mister Must prépare son premier catalogue de mode pour Cotton Club, la nouvelle boutique branchée de Vincent Lemineur. On y vend Blanc Bleu, Ton sur Ton ou Compagnie de Californie. La prise de vue préfigure le marketing Mister Must des prochaines années; les modèles sont des jeunes filles bien connues du carré et choisies chacune parmi les écoles BCBG liégeoises. Ces jeunes gens sont ostensiblement mis en vedette autour de Mister Must. Sur ce catalogue, les petites stars prennent la pose sous une ombrelle au cœur de la place Cathédrale et de la Galerie en Ile (en face du Passage Lemonnier) qui n'existe plus aujourd'hui.
Sur les photos, on reconnaît Barbara Denoël, Pascale Dradin, Laurence Dols, Valérie Schmitz, Suzanne et Francine Wathelet, Godelieve Dechamps, et même France Defalle, qui co-animera un "Rock au Lycée" avant d'évoluer plus tard sur les antennes de R.T.C.
Barbara Denoël porte un superbe sweat Blanc Bleu rouge et Godelieve un pétillant jaune, sur lequel on reconnaît l'emblème de la marque.
Distribué à 20 000 exemplaires dans les principales écoles du grand Liège, ce catalogue se clôturera par un jeu concours permettant de gagner 20 000 francs belges de vêtements chez Cotton Club et plus de mille bons seront déposés dans l'urne prévue à cet effet…