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Nineteen
eighty four. Eurythmics marque le son. Brian de Palma excelle avec Body
Double. Franky Goes to Hollywood avec Relax. Wham nous plonge éternellement
dans les fêtes de Noël avec Last Christmas. Et Freedom. Et
Wake me up. Coppola sort Cotton Club…
C'est
le début des radios libres; une étonnante effervescence
transcende une jeune génération avide de projets, de nouveautés
et d'audace. Un nouveau média débarque et fait fureur.
A Liège, RBM et FM 56 prennent le pouvoir.
Sur la seconde, Serge Pirotte, Christine Simon et Pierre Bail règnent
en maîtres.
La première, RBM, est la 5ème radio belge; c'est là
que Vincent Letesson va installer ses valises, avec sa célèbre
émission "Le Rock au Lycée".
Par cette belle nuit d'été, Vincent Letesson révise
son cours de droit privé de 400 pages. Etudiant en 1ère
licence en droit, il prépare sa session.
"Bah ! Il y a peu de chance que je sois interrogé sur ces
5 pages-ci… alors…".
Alors il cesse la lecture de ce cours et branche le son de la FM.
"Talking in your sleep", the Romantics.
Envie de parler, de communiquer, d'animer une émission.
Le rêve se matérialise très vite; il animera dorénavant
l'émission "Mister Must", brièvement rejoint en
studio par son frère Arnaud, Jean-Marc Piret, Karin Demez et le
regretté Stéphane Olivier.
Motivé, il décroche des sponsors prestigieux qui offriront
plein de cadeaux branchés aux jeunes auditrices : New Man, Ptilapin
et Alain Manoukian, Juliette Verlaine…
déjà !
RBM est plus qu'une radio. C'est un endroit où foisonnent cinquante
jeunes bénévoles qui ont des choses à dire, à
vivre, à partager.
On y retrouve Nathalie Wagelmans (Gabrielle Davroy), Jean-Louis Moreau,
Luc Gochel, Jean-Yves Olivier, Serge Renard, Alain Forir, Jean-Marc Delchef,
et plus tard Marianne Perilleux, Sabine Breulet, Woolf, Cathy Massart,
Yves et Pascale Mossay… Cathy Massart évoque "un Mister
Must tout bronzé du premier janvier au trente et un décembre"
et Serge Renard, technicien de l'émission "Le Rock au Lycée"
se rappelle voir arriver l'animateur vedette de la radio "systématiquement
essoufflé, pile à l'heure, en courant dans le studio, durant
le jingle d'entrée d'Europe", "Final Countdown".
Des émissions. Des sorties. Des journées-neige. Des repas
conviviaux.
Bernard Collard, Serge Darte et Henri Botte sont les trois meneurs du
projet.
Ils communiquent leur enthousiasme, leur motivation et leur professionnalisme
à cette jeunesse si créative, et souvent désintéressée.
Les premières publicités autour de Mister Must se font par
autocollants, affiches et folders montrant un jeune couple dégustant
un cocktail à la belle étoile…
En fin d'année, Vincent Letesson associe ses amis étudiants
en Droit (parmi lesquels Frédérique Vieujean, Michel Mengal,
Arnaud Destexhe) à la création d'une soirée "Miss
Mister Must" à la Chapelle; remportée par Damienne
Laplanche et Anne Kopijasz.
C'est la rencontre du grandiose Bouldou, patron "à la Mick
Jagger" et R.P de cette discothèque mythique, qui, au son
du génial Bernard Dobbeleer, fera danser tout Liège au son
des standards rock et autres. Quel autre endroit peut s'enorgueillir d'avoir
vu s'y produire Madness, Simple Minds ou Etienne Daho ? Au son des décibels,
Tears for fears, Taxi Girl, Visage, Les Doors, Ann Clark, Ultravox, Queen
ou Duran Duran font tournoyer des images kaléidoscopiques de lumière
dans la tête des ados…et des plus grands.
Les années quatre-vingt…
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